Développer des villes plus durables

La question du développement durable est aujourd’hui centrale et le secteur de l’urbanisme n’y échappe pas. Nous avons interrogé Jean-Marc Nicolle, maire du Kremlin-Bicêtre et Conseiller métropolitain pour la ville du Grand Paris sur ce sujet. Ce dernier a dernièrement fait parler de lui grâce à son projet de coulée verte, un grand espace vert qui viendrait améliorer la qualité de vie des habitants de la ville qu’il administre.

Pourquoi les villes doivent-elles devenir plus vertes ?

Jean-Marc Nicolle : Je pense que nos villes sont devenues beaucoup trop minérales et trop artificielle. Nous avons perdu le contact avec la nature et c’est pour cela qu’on se sent si mal.

Faut-il tout raser pour tout reconstruire ?

Jean-Marc Nicolle : Il ne faut certainement pas raser les villes existantes. C’est une attitude qui n’est pas du tout durable, qui n’est pas dans l’esprit de l’écologie. Il s’agit de garder tout ce qu’on peut garder, tout ce qui a encore un intérêt et une valeur pour l’adapter aux nouveaux besoins. Il faut être plus performant par rapport à nos dépenses d’énergie.

Les maisons connectées sont-elles plus écolos ?

Jean-Marc Nicolle : Pour les objets connectés, souvent, le gain n’est pas en durabilité. Il n’est pas un plus pour la planète. Donc, en soi, ce n’est pas nécessairement un bien. Un capteur solaire, en principe, oui. Mais tout dépend où on le met, comment on le met.

Existe-t-il des matériaux plus durables ?

Jean-Marc Nicolle : Il y a des matériaux nouveaux qui commencent à apparaître, mais ceux qu’on attend vraiment ne sont pas encore là. Un bio-béton, par exemple, serait une qualité extraordinaire. Un coquillage, c’est un bio-béton, et tout le monde trouve ça magnifique. Il absorbe en plus le C02 au lieu d’en produire. Lorsqu’on travaille avec du béton, on est le deuxième responsable au monde des gaz à effet de serre. On crée une pollution incroyable dans l’environnement car on libère le C02 que la roche a mis des millions d’années à capturer. Dans ce cadre, on fait les choses à l’envers.

Pourquoi pousser les parisiens à jardiner ?

Il se trouve que Paris est l’une des villes les moins vertes au monde, avec seulement 8%, selon une étude MIT, d’espaces verts en ville, là où, à Montréal, on peut retrouver un taux de 25%, ajoute Jean-Marc Nicolle.

Comment faites-vous ?

Jean-Marc Nicolle : On est en train de penser au Kremlin-Bicêtre à la création de toits végétalisés et de potagers verticaux dans lesquels une partie de la production agricole servira aux habitants. L’idée serait aussi de stimuler la main verte des urbains, et aussi de rendre ces lieux, qui sont très bétonnés, plus verts, plus agréables. Les bienfaits seront multiples en termes de cohésion sociale, de confiance en soi.